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CONSEILS  AU PRÉSIDENT IBK  ET A MONSIEUR SOUMAILA CISSE.

Selon les recommandations  tirées de nos sondages d'opinion

A MONSIEUR SOUMAILA CISSE

Il y a environ un an et demi que vous êtes le chef  "naturel" de l'opposition à la suite d'élections où la transparence n'a fait aucun doute. Depuis le second tour des élections présidentielles 2013, on note sans équivoque certaines qualités en vous, notamment la manière de reconnaitre la victoire de votre concurrent lors des élections présidentielles et  le choix de rester dans l'opposition. Le Mali, a encore besoin du rôle prépondérant que vous êtes entrain de jouer dans le processus démocratique. En effet, il est nécessaire d'avoir une vraie opposition très consciente pour éviter  un consensus absolu autour d'un même Président et ainsi enrayer  le "laisser-aller".

Malgré ces qualités, on remarque que certaines de vos actions ou déclarations vont à l'encontre de votre cote de popularité.

En effet, avant le coup d'État de 2012, votre cote de popularité, selon nos sondages, était à 72.9%.  Elle s'est retrouvée à seulement  33.6% juste après le coup d'État, et atteint 55% après le second des élections présidentielles.  Aujourd'hui ce chiffre est estimé à 38.6%. Vous devez donc tirer les leçons suivantes:

  1. Votre cote de popularité a pris un grand coup avec la mauvaise publicité dirigée contre votre personne juste après le coup d'État. Il est donc important de retrouver une popularité dont le seuil peut être estimé à environ  60% pour espérer être élu  Président de la République.
  2. Votre cote de popularité fluctue fortement en fonction de vos déclarations. Par le simple fait d'aller féliciter IBK à son domicile, vous êtes passé de 33.6% à 55%. Selon notre sondage réalisé avec la quasi-totalité des journalistes de la place comme observateurs directs, votre cote s'est retrouvée  encore à environ 33% du fait que vous aviez demandé la démission du Premier ministre lors des événements de Kidal, alors que 92% de la population n'étaient pas du même avis.
  3. Certaines actions peuvent vous aider dans votre rôle d'opposant: par exemple, en tant qu'élu du nord et avec votre renommée  internationale, pourquoi ne pas entreprendre une grande tournée dans les pays du monde (Niger, Mauritanie, Maroc, Algérie, Égypte, Qatar,  France,  Suisse, USA, etc.)  avec d'autres représentants du nord pour signaler que les maliens, surtout ceux du nord, sont bien d'accord avec l'accord signé et remercient les peuples de ces pays.
  4. Pourquoi ne pas créer une association pour un Mali un et indivisible. Ceci ne fait qu'améliorer votre image auprès de la population.
  5. Il est aussi important de vérifier la cohérence de vos discours par rapport à l'opinion publique.

 

A MONSIEUR LE PRÉSIDENT IBK

Il y a environ un an et demi que vous êtes au pouvoir. Durant cette période, on note sans équivoque certaines avancées parmi lesquelles une certaine amélioration dans le domaine foncier (même s'il reste éventuellement des cas à régler); on note aussi de manière claire et nette que le pouvoir n'est plus partagé entre Kati et Koulouba. Il faut enfin noter l'aide aux agriculteurs qui a contribué au fait d'avoir une bonne récolte. Enfin, les négociations à Alger suivent leur cours normal.

 Malgré ces avancées, on remarque que la population n'est pas encore satisfaite de la situation qui sévit dans notre pays: pour preuve, dans les résultats de notre dernier sondage à Bamako, nous avons trouvé que plus de la moitié, exactement 53.7% des bamakois ne sont pas satisfaits de la gestion du pays. Tout en restant apolitique, ceci  est  un document de conseil tout comme celui apparu dans les médias de la place une semaine après votre  élection à la tête du pays.

Ne vous focalisez pas uniquement sur le problème du nord, mais procédez rapidement à des investissements visibles.

 En effet, au jour d'aujourd'hui, les préoccupations du pays sont de deux ordres: le problème du nord et nos problèmes quotidiens (pauvreté, chômage, corruption, etc.). Selon la quasi-totalité des maliens, le problème prioritaire est celui du nord. Cependant, je pense que ce problème ne peut être résolu que dans le long terme. Vous risquez  donc d'être surpris à la fin de votre mandat dans la mesure où l'opinion publique ne verra point les efforts fournis. Pour éviter cette situation et surtout pour aider notre pays à ne pas être en retard, je vous conseille les points suivants

  1. la situation du nord suivra son cours normal et le gouvernement fera tout son possible pour régler le problème du nord.
  2. Procéder à des investissements visibles au niveau de Bamako et dans les  capitales régionales (Kayes, Koulikoro, Sikasso, etc.). Naturellement les régions du nord seront traitées de manière particulière. Par exemple, procéder rapidement à une large goudronnage des voies dans les communes de Bamako (sans privilégier les quartiers nantis)  et dans les capitales régionales et laisser les gens apprécier.
  3. Combattre la corruption touchant les pauvres. Ce qui se passe au niveau de certains commissariats pour l'obtention de cartes d'identité nationale, ce qui se passe au niveau de l'ONT pour avoir un permis de conduire ou un certificat d'authenticité du permis; les rackets des policiers auprès des pauvres sont des exemples de corruption inconcevable au jour d'aujourd'hui. Tout le monde le voit et tout le monde sait que la corruption touchant les pauvres est un phénomène encore présent au Mali.
  4. Créer des projets du type "à chaque jeune son ordinateur": aujourd'hui, aucun jeune ne doit espérer se faire recruter dans une entreprise avant d'avoir une maitrise de l'outil informatique.  Des ordinateurs sont vendus à partir de 50 000 F CFA. Les pays qui ont récemment émergé sont ceux qui ont beaucoup facilité l'accès à l'outil informatique.
  5. Faire une tournée dans les capitales régionales: il est temps que le Président aille à la rencontre de la population afin de connaître ses préoccupations réelles.
  6. Recadrer les leaders du RPM sinon tout le monde ramassera les conséquences néfastes de leur conduite actuelle.

 

Guindo Sidiki,

Statisticien Économiste.

Directeur de l'Institut de Sondage GISSE.

guindosidiki@yahoo.fr

 

 

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